Le parrain
Un homme poétique
Mathias Malzieu entame sa carrière d’homme poétique en 1993 en fondant le groupe de rock Dionysos. Peu enclin à choisir entre sa vocation de chanteur et d’auteur, il développe depuis lors un univers sous forme de livres, de disques et de films. Il connaît un immense succès populaire en 2007 avec La Mécanique du coeur, traduit dans plus de vingt pays et adapté au cinéma ; son bouleversant récit autobiographique, Journal d’un vampire en pyjama (2016), a reçu le Prix Essai France Télévisions et le Grand Prix des Lectrices de ELLE, son roman, Une sirène à Paris (2020), s’est accompagné d’un disque et d’un film éponyme réalisé par Mathias Malzieu avec Nicolas Duvauchelle et Marilyn Lima. Le Guerrier de porcelaine (2022), son roman le plus intime, retrace l’enfance de son père et s’interroge sur les liens puissants de la filiation. Son dernier roman, L’homme qui écoutait battre le cœur des chats, récit surréaliste, merveilleux et consolateur, sorti en 2025 chez Albin Michel, a paru au printemps 2026 au Livre de Poche. Son premier roman pour la jeunesse, Un Noël sur la Lune, sortira le 24 septembre aux éditions Auzou.
Le mot du parrain : PHARMACOPOÉSIE !
J’ai fait mes premières armes de lecteur libre grâce au format poche. Je me revois à Montpellier en fac de cinéma me dire « si seulement il existait un format poche des disques, je pourrais m’en offrir davantage. » Ce fut pour moi le grand moment des découvertes multiples, notamment de la beat generation et apparentés. Aurais-je pu lire tout Richard Brautigan et Charles Bukowski puis John Fante son mentor sans le format poche ? Certainement pas. Combien de fois j’ai racheté, perdu, corné et offert mes livres préférés en format poche ? Toujours et tout le temps.
J’avais imaginé dans un de mes romans un personnage de géant portant une veste avec des dizaines de poches pour y glisser les fameux petits livres. J’aime l’idée de me promener avec des ouvrages, pas seulement le texte que je suis en train de lire. Une pharmacie d’histoires portative qui me permet de soigner mes humeurs selon leur météorologie. La joie de relire ne serait-ce que quelques pages d’un roman qu’on adore après s’être trouvé une passion commune autour d’un titre ou d’un auteur et ce, sans attendre de retrouver sa bibliothèque est un luxe joyeux.
Je viens de traverser l’océan sur un navire puis une partie des États-Unis dans un vieux train, le format poche m’aura transformé en dispensaire ambulant. Dispensaire de livres indispensables. Pharmacopoésie ! J’ai offert un Brautigan, un Jorn Riel, un Cécile Coulon pendant que je picorais le bungalow de Julien Blanc-Gras entre deux nouvelles du dernier recueil de Salman Rushdie. Du temps long en mouvement, de l’océan à perte de vue jusqu’à traverser le Mississipi et finir à Créteil pour le festival… du poche !
C’est donc avec une joie de pharmacien auto-pharmacien des histoires que je me réjouis de parrainer le merveilleux « Lire en Poche » à Gradignan !
Mathias Malzieu
Retrouvez Mathias Malzieu tout au long du salon :
- PROJECTION « Jack et la mécanique du coeur » : Jeudi 8 octobre à 18h30
- GRAND ENTRETIEN AVEC LE PARRAIN : Samedi 10 octobre à 14h
- « EN PETIT COMITÉ » AVEC LE PARRAIN : Dimanche 11 octobre à 10h
- SPECTACLE « Un Noël sur la lune » : Dimanche 11 octobre à 18h
- EXPOSITION « Mathias Malzieu, un homme poétique » : du 9 au 11 octobre
CARTES BLANCHES AU PARRAIN :
- Rencontre Luc Dagognet / Florent Oiseau : Samedi 10 octobre à 10h30
- Rencontre Nicolas Carreau / Alexandre Labruffe : Samedi 10 octobre à 16h
- Grand entretien Delphine Minoui : Dimanche 11 octobre à 16h
Mathias Malzieu présente ses invités Carte blanche :
Delphine Minoui, c’est un extracteur de jus. Même dans les endroits les plus dépourvus de joie possible, elle cherche et trouve, en poète journaliste, de quoi se plus que réjouir. Se stimuler, s’émerveiller comme dans le bibliothèque secrète de Daraya. Rencontrer Delphine, c’est un tour de magie de réel. À ses côtés, on apprend en s’amusant. Chaque lecture et chaque conversation se changent en une épopée de l’enthousiasme.
Alexandre Labruffe, c’est un Pierre Richard à plume. Un drôle d’oiseau à lunettes qui invente le chant des stations services. Le plus joyeux et joueur des écrivains désabusés de l’histoire des écrivains désabusés. Un Je-ne-sais-quoi d’improbable, comme si sa vie-son œuvre se déroulait dans un film des frères Kaurismaki ou des frères Cohen. Une histoire de frère, car dès qu’on le rencontre et qu’on le lit, une fraternité aussi tendre qu’amusante s’installe et rapidement, le garçon vous manque.
Nicolas Carreau ! L’écouter parler des livres donne envie d’en lire. Tel l’habilleur sur un plateau de cinéma ou de théâtre, il saura quelle étoffe de mots choisir pour chacun et dans l’absolu. Voilà pour le versant journalistique. La pente joyeuse s’accentue encore lorsqu’il prend les commandes de sa propre plume. Un film de cape et d’épée poétique se met marche, mi-Alexandre Dumas mi-Boris Vian mi-Brautigan truqueur de vrais faux polars truculents. Il ressemble à ses livres, les siens et ceux qu’il lit. Rencontrez-le et passez un moment en élégance joueuse.
Les romans de Florent Oiseau permettent de vivre l’expérience bukowskienne dans le 20e arrondissement de Paris. De bars en bus, il fait l’effet d’un chercheur de trésor préférant la promenade à l’enjeu véritable. Et c'est ce qui fait le charme vif de ses livres. Cet enjeu d’école buissonnière, une forme de panache. La mélancolie et l’humour jouent dans la même équipe, le vestiaire vit bien.
Florent est le sélectionneur intersidéral du 20e arrondissement. Ses personnages deviennent des copains. On voudrait les retrouver de l’autre côté de la page, dans un bar, un bus et pourquoi pas à Lire en Poche !